Perspectives by Deborah Corber, CEO

 Édition 1, le 7 novembre 2014

Regarder derrière et regarder devant

Deborah CorberTout comme mes parents se souviennent précisément du moment où ils ont entendu l’annonce du décès du président américain John F. Kennedy, je me souviens du moment où j’ai entendu l’annonce du déclenchement de la Guerre du Kippour – j'étais à la synagogue, et notre Rabbin nous l’a annoncé. Je me rappelle aussi avec maints détails les semaines de 1973 qui ont suivi l’annonce.

Israël avait été attaqué par surprise, et les Juifs du monde entier désiraient participer à l’effort de guerre de toutes les façons possibles. Chaque jour, des centaines de personnes affluaient vers le nouvel édifice de la Fédération au 5151, chemin de la Côte-Sainte-Catherine pour contribuer à la campagne d’urgence mise sur pied pour Israël. Ils étaient si nombreux que le personnel de la direction, dont les bureaux étaient au quatrième étage, était surchargé. (On parle ici d’une situation qui s’est produite bien avant les rénovations de 1999, qui ont entraîné la construction du Centre de conférences Gelber.)

Ma mère s’était rendue à la Fédération dès le début de la guerre pour offrir ses services à temps plein. Elle était prête à remplir toutes les fonctions qui étaient nécessaires. Reconnaissant son don inné pour l’organisation, les dirigeants l’ont chargée de la gestion des opérations d’urgence dans le hall d’entrée de l’immeuble. Elle a formé une équipe de bénévoles pour l’aider et recevoir les dons – promesses de don, chèques et même en argent comptant –, et moi, je suis devenue son adjointe.

J’avais 14 ans et j’étais en secondaire trois. Tous les jours, après l’école, je venais à la Fédération pour aider ma mère et sa cohorte de bénévoles. Je répondais au téléphone, remplissais des fiches de promesse de don, faisais les courses et livrais les messages entre le hall d’entrée et le quatrième étage. J’apportais des cafés – en somme, je faisais mon possible pour être utile et pour faire ma petite part pour Israël.

Je ne fréquentais pas une école juive et je n’avais jamais mis les pieds en Israël. Mes parents, cependant, étaient très actifs au sein de la communauté juive. J’avais séjourné dans un camp de vacances sioniste et je me sentais très étroitement liée au peuple juif. Les adultes étaient visiblement ébranlés par la guerre. Quant à moi, je comprenais à ma manière que notre avenir était directement associé à l’avenir de l’État d’Israël.

Au moment où j’écris ces mots, je suis en route vers Montréal. Je reviens d'Israël où, avec nos partenaires de longue date, Keren Hayessod et l’Agence juive pour Israël, ainsi qu’avec des représentants de la communauté juive mondiale, j'ai assisté à des séances d’information sur la sécurité au Moyen-Orient, sur l’aliyah des Juifs ukrainiens, sur la montée de l’antisémitisme en Europe et sur les besoins faisant suite à l’opération « Bordure protectrice » dans le Sud d’Israël. Dans les régions les plus touchées du Sud du pays, nous avons entendu les témoignages d’Israéliens dont la vie a été complètement bouleversée par deux mois d'attaques de roquettes incessantes. La résilience et la ténacité de ces Israéliens nous ont émerveillés. En outre, nous avons vivement discuté de l’approche que nous devions adopter pour avoir des échanges francs sur Israël : comment trouver l’équilibre entre la responsabilité qui nous incombe de poser des questions épineuses au sein de la famille juive et la responsabilité de ne pas fournir de matière à accusation à l’extérieur de la communauté juive à ceux qui cherchent à retirer sa légitimité à Israël?

La jeune coursière de la Guerre du Kippour était loin de s'imaginer qu'un jour elle deviendrait chef de la direction de la Fédération CJA et qu’elle aurait le privilège de servir le peuple juif à titre professionnel. Au cours des prochains mois, cette plateforme me servira à vous faire connaître les défis qui se posent à la communauté juive, les innovations et les meilleures pratiques qui voient le jour dans les Fédérations d’Amérique du Nord ainsi que les possibilités qui nous sont offertes pour façonner un avenir radieux à Montréal, en Israël et dans l’ensemble de la diaspora juive internationale. Peu importe votre lien avec le peuple juif, votre engagement dans la communauté ou vos opinions, j’espère que vous accepterez de vivre cette aventure avec moi.


  À signaler

Les blessures peuvent resurgir lorsque les survivants de l’Holocauste deviennent plus âgés
Un regard de l’intérieur sur le Centre de rencontre des survivants de l’Holocauste du Centre Cummings, où la travailleuse sociale Myra Giberovitch anime des groupes de soutien
http://bit.ly/HolocaustDropIn

Des traumatismes au triomphe : le logement est l’un des principaux facteurs de la pauvreté
Bien que le niveau de pauvreté des communautés juives des grandes villes du Canada varie, un facteur est constant d’un endroit à l’autre : la rareté de logements abordables a des répercussions négatives sur tous ceux qui peinent à se maintenir au-dessus du seuil de la pauvreté. La Fédération CJA y est citée.
http://bit.ly/PovertyCanada

Un entretien avec jQmtl et journaliste Elias Levy (vidéo)
Découvrir Israël dans sa complexité, sous son aspect économique, en particulier le monde du High-Tech, social, artistique, culturel et scientifique, tel est le défi relevé avec brio et simplicité par Elias Levy dans Comprendre Israël.
https://www.youtube.com/watch?v=tWDPMMBBVrs 

L’application Am Yisrael Buy : l’application en faveur d'Israël vise à contrer les campagnes de boycottage, désinvestissement et sanctions (BDS)
Am Yisrael Buy is a new mobile app designed to help users locate and buy Israeli products.
http://bit.ly/AmYisraelBuy

 

Des étudiants de l’université Yale s’unissent pour réagir à des graffitis représentant des croix gammées dessinées sur le trottoir du campus
Des étudiants de l’université Yale récupèrent des graffitis représentant des croix gammées pour créer une murale en appui aux étudiants juifs et à la diversité dans les collèges de la Ivy League.
http://bit.ly/YaleResponds

À Londres, une exposition explore la culture hybride d’Israël
L’artiste de Tel-Aviv bien connue Sigalit Landau a filmé la confection d’une pâtisserie arabe, le kenafeh, pour illustrer le partage des traditions.
http://bit.ly/LondonExhibit

 

Les vertus du leadership… L’importance des mots!
Dans le monde actuel où les personnalités sportives font davantage la manchette en raison de leur comportement violent à l’extérieur du terrain qu’à la suite de leurs prouesses athlétiques, nous devons nous questionner sérieusement sur la définition du leadership.
http://bit.ly/VirtuesofLeadership

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