Perspectives by Deborah Corber, CEO

 Édition 5, le 6 mars 2015

La Fédération vue comme une entreprise ou l’entreprise de la Fédération : partie I

Deborah CorberSi on suit la tendance, on aura remarqué que le secteur des « organismes sans but lucratif » s’appelle désormais le secteur des « entreprises d'économie sociale ».

Paul Alofs, président et chef de la direction de la Fondation du cancer Princess Margaret, a écrit il y a quelques années dans le Globe and Mail : « Y a-t-il un autre secteur de l’économie qui se décrit par ce qu’il n’est pas? Les marchés d’alimentation ne s’appellent pas des « magasins sans meubles ». Le terme « sans but lucratif » pousse à croire que notre domaine d'activités ne devrait pas être rentable. Cette appellation négative nous a placés dans une situation très désavantageuse par rapport aux autres secteurs quant aux façons dont l’argent est recueilli, dont il est dépensé et dont certaines personnes « profitent » de notre succès. Il serait beaucoup plus approprié de parler du « secteur de l'économie sociale ».

Le besoin de redéfinir notre domaine d’activités m’est récemment apparu essentiel. J’ai questionné un groupe de jeunes professionnels et gens d’affaires sur leur perception du positionnement de la Fédération CJA – une société sans but lucratif – dans le monde des sociétés à but lucratif. Leurs réponses ont été révélatrices : la Fédération CJA n’a pas à faire autant de profits qu’une véritable entreprise, parce que son objectif est de « faire le bien ». 

En réalité, plusieurs de nos préoccupations sont identiques à celles des sociétés ou des firmes à but lucratif. Nous devons sans cesse nous concentrer sur notre « chiffre d’affaires » – nos revenus – parce c’est ce qui nous permet de faire le bien. Nos revenus proviennent de l’argent que nous collectons, en particulier pendant notre Campagne annuelle et grâce à des commandites d’entreprises.

Par ailleurs, nous devons également nous soucier de notre bénéfice net. Dans notre domaine, le  « profit » correspond aux fonds que nous pouvons distribuer – « les sommes à distribuer » – une fois nos dépenses assumées. Tout comme pour les entreprises commerciales, l’équation est simple : plus élevés sont les revenus et moins élevés sont les coûts, plus considérables seront les sommes à distribuer et, par conséquent, plus notre marge de manœuvre pour faire le bien sera importante.

Nous ne devons pas négliger non plus la concurrence et la part que nous occupons sur le marché. Les citoyens peuvent, de nos jours, faire des dons en argent et en temps à un vaste éventail d’organismes et de causes dont la mission est de faire le bien.   

Sans rien enlever aux multiples organisations qui parsèment le paysage, nous devons plaider notre propre cause et faire connaître notre proposition unique qui s’énonce ainsi : aucun autre don n’a d’effet sur la vie d’autant de Juifs. Notre part de marché ou notre taux de « pénétration » est à l’image de notre succès : le nombre de membres de la communauté faisant un don à la Campagne annuelle et le nombre de bénévoles offrant de leur temps sont deux éléments ayant une influence directe sur notre capacité à faire le bien.

Pour terminer, j'affirmerais qu'à l’instar des entreprises qui doivent rendre des comptes à leurs actionnaires, nous devons aussi rendre des comptes à nos parties prenantes. Mais qui sont ces parties prenantes? Tout d’abord, si vous avez reçu ce blogue par courriel, vous en êtes une. Tous ceux qui font un don à la Campagne annuelle sont des parties prenantes au même titre que ceux qui participent à un programme ou qui bénéficient d’un service pour lesquels nous fournissons des fonds. Les agences et les organisations qui offrent ces programmes et ces services sont, elles aussi, des parties prenantes. Toutes les parties prenantes ont le droit d’être informées de ce que nous finançons, des raisons pour lesquelles nous le faisons et de la manière nous gérons la Fédération.

La Fédération CJA est dirigée et administrée par des professionnels salariés comme moi. Un conseil d’administration composé de bénévoles, qui assure la gouvernance, est responsable : (1) du contrôle fiduciaire – pour nous assurer que nous agissons et dépensons selon les lois et (2) de la direction stratégique – pour nous assurer que nous faisons les meilleurs choix et prenons les meilleures décisions possibles en fonction des  besoins de la communauté d'aujourd’hui et en prévision de ceux de la communauté de demain.

Le conseil d’administration et les principaux leaders bénévoles sont les réels administrateurs des intérêts de notre communauté (nos parties prenantes). C’est un principe sacré, et je peux affirmer, à la lumière de mon expérience, que ce principe est appliqué avec un talent, un zèle et un dévouement hors du commun. 

La Fédération CJA est une « entreprise d’économie sociale » dont le mandat est de faire le bien au profit de la communauté et de l’ensemble du peuple juif. Au cours des mois à venir, je vais explorer plus en profondeur avec vous ce que cela signifie en contexte (l’entreprise de la Fédération CJA) et notre mode d’exploitation (l'entreprise de la Fédération).


  À signaler

CIJA Jewish Defence League JDL Montreal PoupkoLa communauté juive n’a pas besoin de la Ligue de défense juive
« La communauté juive du Québec s’oppose catégoriquement aux stratégies sensationnalistes de la Ligue de défense juive et rejette sa proposition d’assurer la sécurité des Juifs du Québec et de leurs établissements, déclare le Rabbin Reuben Poupko, membre du conseil d’administration de CIJA-Québec. (article en anglais)
http://bit.ly/JDLvscommunity

Bronfman Israel Montreal ClaridgeLa famille Bronfman réinvestit en Israël, et cette fois-ci, avec un partenaire surprenant
La famille canadienne s’associe à la Caisse de dépôt et placement du Québec pour investir dans des entreprises novatrices. Après une absence de neuf ans, la société d’investissement privée située à Montréal Claridge, véhicule des investissements de la famille Charles Bronfman, est de retour en Israël. Cette fois-ci, elle compte y investir dans le secteur technologique en partenariat avec la Caisse de dépôt et placement du Québec. (article en anglais) http://bit.ly/Bronfmansisrael

Obama Israel anti-SemitismLe poids des mots
Barack Obama a préféré éluder la nature antisémite de l'attaque contre l'Hypercacher. Un choix révélateur des intentions du président américain.
http://bit.ly/poidsdesmots

Jewish Millennials Rules of Engagement5 conseils pour mobiliser les Juifs de la génération Y
Après trois ans de consultation auprès des « mobilisateurs » – les professionnels qui cherchent à mobiliser les anciens de Taglit-Birthright Israel et les jeunes adultes juifs des communautés locales –, nous connaissons mieux les étapes d’une démarche fructueuse. (article en anglais)
http://bit.ly/Jewishmillenials

Nisman Amia ArgentinaAlberto Nisman, l’attentat de l’AMIA et la quête de justice en Argentine
La situation est complexe, mais elle reflète les difficultés qui existent entre l’Argentine et sa minorité juive, avec son passé totalitaire et sa propre image. En gros, c’est l’histoire des Juifs d'Argentine. Plus de Juifs vivent à Buenos Aires qu’à Montréal ou à Toronto. (article en anglais)
http://bit.ly/Amiajustice

Morocco MontrealLe Maroc exotique du 19e siècle fait l’objet d’une exposition à Montréal
L’exposition principale en ce moment en cours au Musée des beaux-arts de Montréal illustre la vie au 19e siècle dans le sud de l’Espagne et au Maroc, alors que se côtoyaient les cultures chrétienne, musulmane et juive. Organisée en collaboration avec le Musée des Augustins de Toulouse, en France et conjointement commanditée par l’Ambassade du Maroc et par la Communauté sépharade unifiée du Québec (CSUQ). (article en anglais) http://bit.ly/Moroccoexhibit

Hollande France Jews anti-SemitismFrançois Hollande: les Juifs ont «leur place en Europe»
Le président français François Hollande a assuré lundi que les Juifs avaient «leur place en Europe et en particulier en France», en dépit de l'appel aux Juifs du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, à rejoindre Israël.
http://bit.ly/juifshollande

Dreyfus Manuel Vals anti-SemitismL’affaire Dreyfus revisitée? La femme juive du premier ministre français en proie à des accusations de double allégeance
Une importante organisation juive presse le président français François Hollande de punir un ancien ministre des Affaires étrangères pour des propos, qui ont largement été interprétés comme antisémites à l’égard du premier ministre Manuel Valls plus tôt cette semaine. (article en anglais)
http://bit.ly/Dreyfusaffair

Svatikas NDG Montreal anti-Semitism Quebec National AssemblyL'Assemblée nationale condamne les gestes antisémites
«Des citoyens qui ont toute leur vie vécu en sécurité ont été attaqués parce qu'ils étaient juifs. Ils vivent maintenant dans la peur. C'est totalement inacceptable», a déclaré François Legault.
http://bit.ly/gestesantisemites

 

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