PHILANTHROPIE DES FEMMES PROJECT HÉRITAGE
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Dale Boidman

Présidente de la Campagne des Femmes, 1994-1995

1) Comment vous êtes-vous engagée dans la Fédération CJA – et pourquoi?

J’ai été introduite aux Services communautaires juifs unifiés en 1950. Alors que j’avais huit ans, ma famille et moi avons quitté New York pour Montréal afin de permettre à mon père, Al Feintuch, de devenir chef de la direction des Services professionnels juifs (JVS). En plus d’avoir assisté à la mise sur pied des Services d'apprentissage aux habitudes de travail des JVS, j’ai été témoin de l’aide offerte aux nombreuses vagues d’immigrants qui ont élu domicile à Montréal au cours des années suivantes. En 1967, comme bien d’autres personnes de mon entourage, j’ai participé à une campagne de financement pour Israël durant la guerre des Six Jours. La plupart des fonds que j’ai amassés ont été offerts par des résidents de mon quartier ainsi que par des co-enseignants, dont la plupart étaient des non-Juifs. Ces derniers avaient saisi l’ampleur de la menace qui planait sur la seule démocratie du Moyen-Orient. Les donateurs ont fait preuve d’une incroyable générosité! En somme, depuis l’âge de huit ans, je suis consciente du fait qu’en tant que Juifs, nous avons tous la responsabilité de prendre soin les uns des autres — autant à Montréal qu’en Israël et à l’étranger. Comment pourrais-je ne pas contribuer au bien-être de la communauté juive?

2) Aujourd'hui, quel est le plus beau souvenir que vous gardez de l’époque où vous collaboriez avec la Fédération CJA?

Ayant présidé la Campagne des femmes (1994) et la Marche des vivants (1997 et 2005) en plus d’avoir été directrice générale du Centre Bronfman de l’éducation juive (CBEJ), je conserve une foule de souvenirs impérissables de mon passage à la Fédération CJA. Je ne saurais en choisir un en particulier. Toutefois, s’il y a une chose qui a toujours été importante et signifiante pour moi, c’est bien la fierté de savoir que l’on avait entièrement confiance en ma capacité d’assumer mon rôle de leader.

Durant mon mandat à la tête de la Campagne des femmes, j’ai participé avec quelques collègues à une mission exploratoire renversante, qui m’a menée en Russie, en Géorgie et en Azerbaïdjan. J’ai passé 12 jours dans l’ancienne Union soviétique à écouter des membres de la communauté juive locale nous raconter leur histoire. Plusieurs d’entre eux avaient commencé à apprendre l’hébreu en vue de leur aliyah. En tant que Juive, j’étais fière de savoir que nos pairs israéliens préparaient le terrain pour ces gens en quête d’un nouveau départ. J’ai alors ressenti le besoin de rappeler à mes collègues montréalais que nous étions chargés de la partie du travail la plus facile à accomplir. En effet, nous n’avions qu’à amasser des fonds pour exaucer le souhait des Juifs désirant s’établir en Israël.

3) Vous souvenez-vous d’un moment ou d’un événement en particulier qui vous a profondément marquée?

En 1991, Nat et moi avons pris part à notre première mission organisée par la Fédération CJA. Cette aventure nous a d’abord conduites à Budapest, où nous avons vu des hommes, des femmes et des enfants prendre place dans des trains bondés provenant des quatre coins de la Russie. Certaines personnes voyageaient déjà depuis deux semaines. En de rares occasions seulement, le yiddish était la seule langue commune. Les gens transportaient leurs biens les plus précieux : un violon, une cage d’oiseau, un chien ou un chat.

Deux jours plus tard, nous nous sommes envolés pour Israël à bord d’un Boeing 747. Prenant place à l’avant de l’appareil, je voulais voir comment les olim se portaient. L’appareil était bondé. J’ai toutefois remarqué qu’une femme de 96 ans, qui voyageait avec sa famille, disposait de trois sièges pour s’allonger. Quel autre pays accepterait d’accueillir une femme aussi âgée? Quel autre peuple n’accepterait jamais d’abandonner l’un des leurs?

Lorsque l’avion s’est posé à Tel-Aviv, notre groupe a été le premier à descendre. Nous nous sommes réunis sur le tarmac afin d’accueillir les nouveaux olim sur la terre d’Israël. Nous avons dansé une hora avec ceux et celles qui le pouvaient. Au cours des années suivantes, j’ai de nouveau eu la chance et le privilège extraordinaire de danser avec de nouveaux olim.

4) Quel conseil donneriez-vous à une jeune femme souhaitant suivre vos traces dans le domaine de la philanthropie?

Prenez le taureau par les cornes! Si vous vous voyez offrir un rôle de leader au sein de la Philanthropie des femmes, vous avez probablement déjà démontré votre savoir-faire, votre amour pour la communauté et votre compréhension de ses besoins spécifiques. Vraisemblablement, vous avez également déjà prouvé que vous êtes une personne bienveillante, travaillante et hautement qualifiée qui aime Israël et le monde juif. Il ne vous reste plus qu’à exprimer le désir de servir. Dîtes « oui ». Votre communauté a besoin de vous. Les Juifs d’Israël et du monde entier ont besoin de vous. VOUS êtes notre avenir!

5) Quel héritage désirez-vous transmettre?

On m’a inculqué la valeur du tikoun olam dès ma plus tendre enfance. « Réparer le monde » signifie prendre soin des personnes vulnérables et contribuer à la promotion de valeurs morales positives. Étant infirmière psychiatrique de formation, j’ai toujours pris soin des gens. Mon expérience professionnelle m’a bien servie durant ma carrière communautaire, notamment lorsque je me suis engagée dans le programme L’espoir, c’est la vie et lorsque je suis devenue présidente des Auxiliaires de l’Hôpital général juif.

Par ailleurs, l’éducation juive me tient énormément à cœur. À mon avis, nous devons impérativement transmettre les valeurs de notre peuple, notre connaissance des textes sacrés ainsi que notre héritage commun aux générations futures. Voilà la seule et unique façon d’assurer la pérennité de nos liens avec Israël. Lorsque nous prenons conscience de notre héritage et de la beauté de nos traditions, nous acquérons la certitude que nos enfants et petits-enfants suivront nos traces en soutenant l’État d’Israël et le peuple juif.

Finalement, je crois que notre communauté a besoin d’un leadership fort pour pouvoir aller de l’avant. Si nous avons tous et toutes un rôle à jouer, seule la personne qui est à la barre peut diriger le navire. Et seule la qualité de notre relève nous permettra d’évaluer le succès de notre leadership.
 

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