PHILANTHROPIE DES FEMMES PROJECT HÉRITAGE
Retour
Renee Mahfoda

Présidente de la Campagne Sépharade des Femmes, 2008-2009

1. Comment vous êtes-vous engagée dans la Fédération CJA – et pourquoi?

J’ai toujours eu un intérêt marqué pour autrui. J’ai été élevée avec cette valeur et j’ai toujours cru au bénévolat. Lorsque l’on m’a contactée pour assumer la présidence de la Campagne des femmes sépharades en 2008, je vivais un énorme deuil. Ma nièce Sandra Harroch nous a quittés à l’âge de 23 ans en mars 2007 à la suite d’une longue et pénible maladie et mon engagement m’a aidée à traverser ces moments difficiles. J’ai consacré mon année à aider autrui au nom de Sandra.

Le thème de la Campagne de l’Appel juif unifié de cette année-là était tikoun olam (réparer le monde).

2. Aujourd'hui quel est le plus beau souvenir que vous gardez de l’époque où vous collaboriez avec la Fédération CJA?

Si l'on veut parler du plus beau souvenir ponctuel de cette année au sein de la Fédération, je vous parlerais de la mission en Israël qui, à mon grand bonheur, coïncidait avec les 60 ans de la création de l'État. Cette mission m'a également permis d'être témoin de l'aide apportée à Israël. Mais je dois aussi ajouter que l’un de mes plus beaux souvenirs au cours de cette année-là a été la découverte de la grandeur de l'apport de la Fédération à notre communauté et du nombre de personnes que cela touche.

La Fédération CJA est une institution qui prend soin de nos aînés, accueille en continu des centaines de nouveaux immigrants juifs, assure une éducation juive de qualité à nos enfants et aide nos coreligionnaires en situation économique parfois difficile à se trouver un emploi, etc. Nous devons tous garder à l'esprit que ce travail titanesque nécessite des fonds considérables et renouvelables. Ces derniers nous permettent d'être et de rester juifs en terre d'accueil.

3. Vous souvenez-vous d’un moment ou d’un événement en particulier qui vous a profondément marquée?

Il est difficile pour moi de proposer un moment en particulier, car ce qui m'a marquée, c'est la somme des constats auxquels les bénévoles comme moi sont confrontés. On découvre à quel point certains membres de notre communauté sont démunis et vivent dans un état de précarité constant. Leur réalité est étrangère à tout ce que j’aurais pu concevoir.
Je suis donc repartie avec la certitude qu'il s'agit pour les Juifs comme nous d'une responsabilité partagée et de tous les instants de venir en aide, non seulement aux personnes nécessiteuses, mais aussi à ceux qui s'en occupent. Il nous faut faire connaître la réalité objective des besoins existants à l'ensemble de la communauté, contribuer au recrutement de bénévoles et agir concrètement pour faire connaître les enjeux et le rôle que joue la Fédération CJA.
En dernier lieu, je garde en mémoire le professionnalisme, le dévouement et le dynamisme des bénévoles qui, durant toute l'année, m'ont soutenue par leur travail d'équipe et leur esprit de collaboration hors pair. Cette expérience m'a permis d'évoluer personnellement et communautairement.

4. Quel conseil donneriez-vous à une jeune femme souhaitant suivre vos traces dans le domaine de la philanthropie?

Celui de donner sans compter. Il s’agit d’un investissement sûr pour les générations à venir.

5. Quel héritage désirez-vous transmettre?

Même s'il est parfois compliqué de concilier vie professionnelle, vie personnelle et vie associative, toute contribution est un acte de participation important qui, pour moi, s'impose comme une évidence. Si le bénévolat exige des efforts et des responsabilités parfois prenantes, ce que le bénévole reçoit en retour surpasse largement ces aspects.

Ainsi, avis à tous les intéressés qui cherchent à mieux comprendre : l'échange qui s'opère grâce au bénévolat et à la participation active au développement de notre communauté permet de mieux se réaliser personnellement en tant que l’un de ses membres. Aider son prochain est en somme un cadeau pour soi!

Haut de page