PHILANTHROPIE DES FEMMES PROJECT HÉRITAGE
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Maxine Sigman

Présidente, Campagne des Femmes (1972-1973)

Présidente, FCJA 

1. Comment vous êtes-vous engagée dans la Fédération CJA – et pourquoi?

Je me suis impliquée pour la première fois dans la Fédération CJA en 1951, lorsque mon défunt père, le Dr George Strean, a présidé la première campagne conjointe de la Fédération CJA et des Fédérations AUI. Avant 1951, les campagnes pour nos agences locales et pour Israël étaient distinctes. Pendant les années de guerre, enfant, j’entendais ma défunte mère, Hilda Blumer, dire qu’elle se rendait à la distillerie Seagram – endroit où la regrettée Sayde Bronfman organisait les activités de financement à Montréal. J’ai reçu mes premières cartes de sollicitation à l’âge de 12 ans; j’ai reçu une formation, et depuis, je n’ai pas cessé de faire de la sollicitation. À l’adolescence, j’ai coprésidé la Division Jeunesse avec Howie Cohen qui vit maintenant à Toronto, puis la division Brides et la Division Femmes en 1972.

2. Aujourd’hui, quel est le plus beau souvenir que vous gardez de l’époque où vous collaboriez avec la Fédération CJA?

L’un de mes meilleurs souvenirs est la fois où j’ai conduit Sylva Zalmanson, Juive russe, dans les rues de Montréal après sa sortie de prison. J’ai travaillé auprès des femmes du Conseil des présidents des organisations juives de Montréal pour les encourager à demander à leurs membres d’écrire aux Juives soviétiques emprisonnées. J’ai commencé à travailler avec 35 femmes toutes réunies à la maison de la regrettée Andy Cohen, lorsque sa tante, Elaine Siris, est venue nous parler. Certaines femmes à cette rencontre, notamment Elaine Dubow, sont devenues de grandes porte-parole des Juives soviétiques. Je me souviens aussi m’être déguisée en prisonnière et d’avoir déambulé dans un camion avec Dodo Heppner dans les rues du centre-ville de Montréal pour sensibiliser la population et manifester devant le consulat soviétique.

3. Vous souvenez-vous d’un moment ou d’un événement en particulier qui vous a profondément marquée?

Il y a tellement de moments : Je me rappelle en particulier d’un après-midi de Shabbat à l’assemblée générale annuelle du Conseil des Fédérations juives à Pittsburgh, dans les années 1970, lorsqu’Elie Weisel s’est adressé à un groupe de 3 000 personnes de partout dans le monde. Il a chanté Zolzein Shabbos; on aurait pu entendre une mouche voler. Quelques années plus tard, à la bibliothèque Ben Gurion à Tel Aviv, j’ai ressenti une émotion profonde lorsqu’il a serré la main de notre fils de 8 ans et qu’il lui a demandé de venir vivre en Israël un jour. J’ai également été très touchée en 1990 sur le tarmac de l’aéroport Lod accueillant les Juifs soviétiques lors de l’exode. Cette année-là, les organisations juives de Montréal ont renoncé à leurs campagnes de financement pour que l’argent puisse servir à la réinstallation des Juifs soviétiques.

4. Quel conseil donneriez-vous à une jeune femme souhaitant suivre vos traces dans le domaine de la philanthropie?

Faites ce que vous aimez – il y a une multitude de secteurs au sein de la Fédération nécessitant votre expertise et votre dévouement. Pendant des années, j’étais tellement anxieuse de prononcer des discours que le regretté Joe King (notre expert en RP) m’a proposé d’enregistrer mon discours de clôture de la campagne 1972. Peu après, je suis retournée à l’université pendant 6 ans pour devenir psychologue. À force de donner des séminaires, mon anxiété s’est dissipée et j’ai été en mesure de jouer des rôles de premier plan sans craindre les podiums. Un autre avantage, vous avez la chance de travailler avec des professionnels talentueux. Sans oublier le fait que vous pouvez voyager à l’étranger et rencontrer des gens fantastiques comme le secrétaire de la communauté juive de Prague qui, en 1980, était responsable de la conservation des dossiers du nazisme dans le bureau de la communauté. J’ai eu le bonheur d’entendre Yigal Yadin parler de Massada et de manger en compagnie du consul israélien à sa résidence de Bangkok. Voilà de précieux souvenirs.

5. Quel héritage désirez-vous transmettre?

Je crois que l’un de mes legs a été de développer une nouvelle génération de bénévoles au fil du temps. Je pense que mes collègues ressentent mon admiration et mon enthousiasme pour la communauté organisée. J’ai travaillé avec des hommes et des femmes d’exception qui ont pris la direction de la Fédération. Le plus grand legs, cependant, sont nos enfants Eric, Terry et Karen, leur conjoints et nos huit petits-enfants qui ont  tous tissé des liens très forts avec Israël.

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