PHILANTHROPIE DES FEMMES PROJECT HÉRITAGE
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Carolyn Steinman

Présidente, Service d’aide aux immigrants juifs (JIAS), 1993-1995

1.Comment et pourquoi vous êtes-vous engagée auprès de la Fédération CJA?

Fière d’être une Canadienne de deuxième génération, dont la famille était engagée au sein de la Fédération CJA et de certaines de ses agences constituantes, j’ai décidé de m’investir auprès des Services d'assistance aux immigrants juifs (Jewish Immigrant Aid Services – JIAS). Mon oncle Abe Jassby z’’l, un ancien président de la Fédération CJA, me racontait souvent des histoires soulignant l’importance d’aider les nouveaux arrivants à s’intégrer, notamment en leur offrant des cours de langue et en les jumelant à des membres de la communauté juive montréalaise. Je me suis mis à la tâche à corps perdu, et ma mission est devenue ma passion – qu’il se soit agi d’accueillir des avions complets de Juifs en provenance du Maroc ou de l’ancienne Union soviétique.

2.Aujourd’hui, quel est le plus beau souvenir que vous gardez de l’époque où vous collaboriez avec les Services d'assistance aux immigrants juifs?

Je conserve une foule de souvenirs. J'ai été particulièrement marquée par un jeune couple russe provenant de Minsk (aujourd’hui situé en Biélorussie). Tous les deux étaient déterminés à apprendre l’anglais et le français ainsi qu’à trouver un logement et de bons emplois. Heureusement, ils se sont intégrés très rapidement. Un jour, j’ai reçu un appel de la jeune femme. Elle venait de donner naissance à un petit garçon et cherchait un mohel pour la circoncision. Des membres du conseil d’administration des JIAS ont aussitôt regroupé des fonds, et nous avons pu organiser une brit milah. Le couple débordait de joie. Le tout jeune David dans les bras, le nouveau père ému a remercié les JIAS d’avoir donné à son enfant la chance de grandir en Juif libre à Montréal. Nous avions tous les larmes aux yeux.

3.Vous souvenez-vous d’un moment ou d’un événement qui vous a particulièrement marquée?

De concert avec le ministère québécois de l'Immigration, le conseil d’administration des JIAS a mis sur pied un programme de parrainage destiné aux familles juives provenant de l’ex-Union soviétique. Dès que j’en ai reçu l’autorisation, j’ai entrepris les démarches de parrainage de Dina, ma cousine moldave de 28 ans. Ses parents étaient favorables à l’idée. Quelques mois seulement après l’admission de ma cousine au programme, je me rendais à l’aéroport pour l’accueillir avec un bouquet de fleurs et un drapeau canadien. Pleurant de joie, nous nous sommes étreintes et saluées, comme des membres d’une famille ayant trop longtemps été éloignés l’un de l’autre. Dina a vécu sous mon toit pendant un an. Elle a suivi des cours de français, appris l’anglais chez moi et trouvé un excellent travail. Désormais mariée et mère d’une fille, elle a parrainé toute sa famille, et ses proches vivent maintenant auprès d’elle à Montréal. Dina est une citoyenne canadienne exemplaire. Elle n’oublie jamais de redonner à sa communauté, envers qui elle est infiniment reconnaissante.

4. Quel conseil donneriez-vous aux jeunes femmes de la communauté souhaitant suivre vos traces?

Souvenez-vous qu’en tant que Juives, il nous incombe d’aider les gens dans le besoin en faisant preuve d’amour et de compassion. Nous permettons ainsi à chacun de prendre la place qui lui revient au sein de la communauté juive montréalaise. Nous leur apprenons également à donner au suivant comme d’autres l'ont fait avant nous.

5.Quel héritage désirez-vous transmettre?

Mes trois enfants sont investis auprès de leur communauté juive respective. Ils cultivent leurs convictions religieuses, respectent la valeur du tikoun olam et apprennent à leurs enfants à redonner à leur communauté, qu’ils demeurent à Montréal ou en Israël. Voila mon héritage!

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