PHILANTHROPIE DES FEMMES PROJECT HÉRITAGE
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Barbara Kay

Présidente, Bibliothèque Publique Juive (JPL) 1994-1996

1. Pourquoi vous êtes-vous engagée auprès de la Bibliothèque publique juive?

Mon engagement auprès de la Bibliothèque publique juive remonte aux années 1970, alors que j’étais une jeune mère. D’après mon souvenir, une amie qui savait non seulement que j’avais étudié en littérature, mais également que j’enseignais à temps partiel à l’Université Concordia, m’a demandé d’aider le comité du Mois du livre juif. J’étais heureuse de m’investir dans un domaine qui s’inscrivait parfaitement dans mes champs d’intérêts et de compétences. N’étant pas née à Montréal, j’avais le sentiment que cette occasion m’aiderait plus à m’intégrer dans la communauté que le simple fait d’avoir des amis juifs.

2. Aujourd’hui, quel est le plus beau souvenir que vous gardiez de l’époque où vous collaboriez avec la Bibliothèque publique juive?

Mon souvenir le plus cher est lié au projet que j’ai créé, puis supervisé pendant 25 ans : First Fruits. Il s’agit d’un concours d’écriture destiné aux élèves du secondaire de la région montréalaise. Comptant d’abord sur la participation des jeunes Juifs, il s’est développé pour s’ouvrir aux élèves de toutes les écoles publiques et privées de la région.

3. Vous souvenez-vous d’un moment ou d’un événement en particulier qui vous a profondément marquée?

J’ai vécu beaucoup de bons moments durant mon passage à la Bibliothèque publique juive. Mes souvenirs les plus mémorables se rapportent cependant à n’en point douter au lancement, à la Bibliothèque, de mes deux premiers livres : Unworthy Creature: a Punjabi daughter’s memoir of honour, shame and love (coécrit avec Aruna Papp) et ACKNOWLEDGEMENTS: A cultural memoir and other essays. Lors du lancement d’Unworthy Creature (2012), j’ai eu l’honneur de présenter Aruna Papp, qui a livré un témoignage poignant sur la vie des femmes opprimées. Le lancement d’ACKNOWLEDGEMENTS (2014) était quant à lui particulièrement émouvant pour moi, car l’entrevue a été menée par mon fils. Alors que nous étions sur scène, devant un large auditoire, il m’a questionné sur les sujets abordés dans le livre. Je ne pourrais jamais associer la Bibliothèque à une expérience plus gratifiante que celle-là. Bien entendu, il s’agit là de souvenirs égoïstes. Je conserve également d’agréables souvenirs de ces fois où j’ai eu l’honneur de présenter des auteurs sensationnels, venus partager leur sagesse et parler de leur inspiration juive aux lecteurs de la Bibliothèque.

4. Quel conseil donneriez-vous aux jeunes femmes de la communauté souhaitant suivre vos traces?

J’attribue à deux facteurs la satisfaction que j'ai eue à travailler pour la Bibliothèque. La première est la qualité de mes anciens collègues. Les bénévoles et les membres du personnel étaient des gens admirables et très chaleureux, parmi lesquels je me sentais à l’aise (même si plusieurs d’entre eux provenaient d’un milieu juif culturellement différent du mien). Cela est important dans toute entreprise. Le deuxième facteur renvoie au fait que lorsque je suis passée à l’action, j’affichais déjà un engagement et un intérêt marqué pour le monde des lettres, de l’apprentissage et de la création littéraire. J’étais aussi déterminée à faire avancer la culture juive en général. Par ailleurs, mon bagage personnel et ma capacité à distinguer le bon grain de l'ivraie littéraire m’ont donné suffisamment confiance en moi – malgré mon jeune âge – pour que j'assume adéquatement mon rôle de leader de l’élaboration des programmes de la Bibliothèque. Connaître ses forces et ce qui nous enthousiasme est important. D’autre part, même si le sens du « devoir » peut assurer la participation à un projet, il ne poussera pas à y contribuer à la hauteur de ses compétences. Il ne procurera pas non plus une grande satisfaction s’il n’est pas lié à une cause qui nous touche, autant au niveau des émotions que de l'identité juive.

5. Quel est votre héritage?

Si l'on exclut le programme First Fruits, qui a duré 25 ans et que j’ai beaucoup aimé superviser, il m'est difficile d’évaluer la portée de mon propre héritage. Je crois honnêtement qu’il revient aux autres de déterminer ce dont il retourne.

 

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