PHILANTHROPIE DES FEMMES PROJECT HÉRITAGE
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Evelyn Bloomfield Schachter

Présidente de la Campagne des Femmes, 1995-1996

Ma mère ayant vu le jour en Roumanie, j’ai toujours été parfaitement consciente de la chance que j’avais d’être née au Canada.

De tout temps, mes parents ont défendu les intérêts des Juifs. Mon père, un Canadien de troisième génération, était engagé auprès de sa synagogue, la Congrégation Shaar Hashomayim. Il s’intéressait également à ce qui se passait au sein de la communauté juive de Montréal. Ma mère était quant à elle issue d’une famille sioniste, qui travaillait sans relâche à la concrétisation de son rêve d’un foyer national pour le peuple juif. Tous les deux s’investissaient dans de nombreuses organisations basées au Canada et en Israël. J’étais parfaitement au fait de toutes leurs activités et de tous leurs engagements, car ceux-ci les préoccupaient quotidiennement.

J’étais en Israël pendant la Guerre des Six Jours. Cet épisode m’a énormément marquée. J’ai compris qu’en six jours, la mère patrie du peuple juif, qui venait tout juste de renaître, aurait de nouveau pu disparaître de la surface de la Terre – quelques années à peine après la fin des horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Nous avions été apatrides pendant plus de deux mille ans et cela aurait pu se reproduire, avec tout ce qu’une telle chose signifie. Par conséquent, il était tout naturel pour moi de m’engager auprès de la Fédération CJA ainsi que de nombreuses autres organisations juives.

J’ai été présidente de la Campagne des femmes de 1995 à 1996, une période très difficile, voire traumatisante. Dix jours avant le second référendum sur la souveraineté du Québec, nous avons suspendu toutes nos activités de collecte de fonds. La communauté retenait son souffle. Le camp du « Non » l’a finalement emporté par une très mince majorité. Puis, alors que nous faisions de notre mieux pour redonner un élan à la Campagne, Yitzhak Rabin z’’l a été assassiné. Tous nos rêves et nos espoirs d’une paix retrouvée étaient soudainement anéantis. Étant donné tout ce que j’ai vécu, je n’oublierai jamais cette année-là.

La communauté a enrichi ma vie à de nombreux égards. J’en ai retiré davantage que ce que j’ai pu lui offrir et je chéris tous les beaux moments qu’elle m’a fait vivre. Faire partie de cette extraordinaire famille – la famille juive – nous permet de transmettre de précieuses valeurs morales et éthiques à nos collègues, à nos amis, à nos proches ainsi qu’à nos enfants et petits-enfants. Rien ne pourrait avoir plus de valeur, être plus gratifiant ou plus stimulant.

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