Le Comité de défense des droits sociaux de la Fédération CJA est un regroupement qui se compose principalement d’agences et d’organismes de services sociaux de la communauté juive. En font partie l’agence Ometz, l’Auberge Shalom pour femmes, les Résidences Caldwell, la Communauté sépharade unifiée du Québec, le Centre Cummings, Hillel Montréal, la Fédération CJA, le Projet Genèse et le Y.M/W.H.A.
Mandat
Le Comité a pour mandat d’assurer l’efficacité et la coordination des mesures prises en matière de défense des droits sociaux. Ces mesures doivent porter sur des questions d’intérêt public touchant l’ensemble de la communauté juive et plus précisément les personnes, les familles et les aînés défavorisés.
Les priorités du Comité sont :
- la lutte contre la pauvreté et pour l’équité sociale,
- le logement et
- l’accès aux services de soins de santé.
Le Comité défend également les droits des aînés, des femmes, des immigrants et des réfugiés, puisque ces droits rejoignent les priorités mentionnées ci-dessus.
Pour atteindre ses buts, le Comité favorise la participation à des campagnes ou à des efforts publics concertés organisés par des coalitions d’organismes à but non lucratif, tant à l’échelon local que provincial ou national.
La pauvreté au sein de la communauté juive de Montréal
En 2011, on estimait que 19,3 % des membres de la communauté juive de Montréal vivaient sous le seuil de la pauvreté. Cette statistique devrait grimper jusqu’à 20,4 % d’ici 2021.
Les plus jeunes membres de la communauté juive de même que les plus âgés sont les plus affectés par cette réalité. En 2011, les enfants jusqu’à 14 ans de même que les adolescents et les jeunes adultes de 15 à 24 ans représentaient respectivement 21,8 % et 22,1 % des Juifs défavorisés. Pour leur part, près du quart (24,6 %) des aînés de 75 ans et plus étaient considérés comme étant démunis et vivant dans la pauvreté.
Cette tendance devrait se maintenir. D’ici 2021, la pauvreté infantile augmentera de 2,1 %, pour atteindre 23,9 %, alors qu’environ 22,8 % des adolescents et des jeunes adultes juifs seront dans le besoin. Chez les aînés, le pourcentage stagnera à 24,4 %.
Assumer le fardeau : le gouvernement doit prendreses responsabilités afin de garantir le bien-être de tous les Québécois, et non pas de déléguer cette tâche aux organismes communautaires, aux familles et aux particuliers.
Les organismes et les agences communautaires jouent un rôle de premier plan en ce qui a trait à l’assistance à court terme, car ils fournissent une aide indispensable aux individus et aux familles. Cependant, le Comité de défense des droits sociaux de la Fédération CJA est persuadé qu’à long terme, il incombe au gouvernement d’assurer une vie empreinte de respect et de dignité à tous les Québécois en mettant à la disposition de ces derniers des programmes et des services sociaux solides, adéquats et accessibles.
La défense des droits sociaux, et par extension le Comité de défense des droits sociaux de la Fédération CJA, est essentielle à la communauté juive puisqu’elle fait la promotion des valeurs de tzedek (justice) et de tikun olam (réparation du monde). Lorsque des membres de notre communauté, qu’il s’agisse de particuliers ou de familles, sont directement ou indirectement touchés par une épreuve, nous avons la responsabilité collective de les soutenir. Parallèlement, en tant que citoyens du Québec et du Canada à part entière, nous avons la responsabilité de demander des comptes aux gouvernements. Nous devons en outre nous assurer que les instances pertinentes créent, subventionnent et maintiennent des politiques, des programmes et des services sociaux et économiques adéquats dans le but de prévenir et de mettre fin aux injustices, notamment à la pauvreté. Ces mesures sont profitables tant pour la communauté juive que pour l’ensemble de la population.
Comment puis-je faire ma part?
Il est parfois difficile de comprendre l’impact que peut avoir la participation d’un individu à une campagne téléphonique, à un projet d’envoi de lettres ou à une pétition sur les politiques sociales qui ont cours dans la province ou au pays.
Par nature, les droits sociaux se défendent sur une longue période; ce qui nécessite de la persévérance. Les dossiers du Comité de défense des droits sociaux de la Fédération CJA prouvent que les actions répétées à long terme ont un impact cumulatif qui provoque des changements significatifs. En participant à des campagnes ayant lieu dans tout le Québec, le Comité a contribué aux efforts fructueux qui ont :
- empêché la fermeture de dix centres locaux d’emploi à Montréal
- amélioré les services offerts aux requérants de l’aide sociale des centres locaux d’emploi
- favorisé l’indexation des chèques d’aide sociale
- entraîné l’augmentation de la part des budgets provincial et fédéral consacrée au logement social
- permis l’embauche de plus de régisseurs à la Régie du logement afin de réduire les longs et injustes délais d’audience
La participation à ces campagnes a également donné au Comité de défense des droits sociaux de la Fédération CJA la chance de tisser des liens avec des organismes à l’extérieur de la communauté juive. De ce fait, la communauté juive a été encouragée à s’engager dans la société québécoise en tant que citoyen à part entière.
Commentaires de participants
« En février 2011, j’ai participé à un rassemblement devant les bureaux de la Régie du logement dans le cadre de la campagne “Régie du lentement”, qui vise à faire raccourcir les délais pour une audience. L’engagement des participants m’a vraiment inspirée puisque, malgré un froid glacial, ils étaient déterminés à faire pression sur le gouvernement pour l’amener à réduire les périodes d’attente de six semaines à 72 heures pour les cas urgents, et de plus de 20 mois à seulement trois mois pour les cas moins urgents. J’ai pu échanger avec des individus qui, dans l’attente de leur audience, vivaient dans des appartements sans chauffage où moisissure et coquerelles faisaient bon ménage. La thématique du rassemblement — la pêche sur glace — était particulièrement révélatrice de la situation, car on demandait aux participants de courir un risque en faisant semblant de “pêcher” un meilleur accès à la justice! »
« Je suis une travailleuse sociale et je dirige souvent mes clients vers les centres locaux d’emploi pour qu’ils aient accès à des prestations sociales. Ce n’est qu’après avoir participé à la campagne d’envoi de fax pour demander au Ministère de l'Emploi et de la Solidarité sociale d’améliorer les services aux requérants, que j’ai compris le genre de traitement auquel certains demandeurs étaient exposés. Cette campagne qui exigeait l’amélioration des services offerts aux requérants d’aide financière de dernier recours était vitale, car elle était axée sur un traitement digne de tous. »
Pour obtenir de l’information sur les campagnes menées par le Comité de défense des droits sociaux, rendez-vous au : www.facebook.com/FedCJASocialAdvocacyCom