Tobias Silverstein. Photo: Ryan Blau
Photo : Lloyd Wolf - UJC
De jeunes mentors font figure de modèles positifs
Il est assez difficile d’amener un adolescent introverti à parler de ses problèmes et de ses préoccupations. C’est d’autant plus difficile lorsque cet ado ne montre aucun enthousiasme à rechercher votre compagnie. Armé de patience et profondément convaincu de sa capacité d’aider les ados, Tobias Silverstein a réussi à vaincre la résistance du jeune de treize ans que les Services à la famille juive* (JFS) lui ont demandé d’encadrer, faisant ainsi son entrée dans la famille des mentors bénévoles.
Tobias résume ainsi sa première expérience : « J’ai commencé par lui poser quelques questions anodines pour l’amener à parler. Le temps aidant, j’ai réussi à savoir ce qu’il aimait faire et nous avons commencé à faire des activités ensemble, ce qui nous a amenés à discuter de ces expériences partagées. Au bout d’un certain temps, un climat de confiance s’est établi, il a commencé à aborder des sujets plus intimes et à me demander des conseils. »
Tobias est un jeune New-yorkais de vingt ans qui fait des études en commerce à l’Université McGill et qui a rejoint les rangs des mentors bénévoles de JFS* l’automne dernier. Il a été attiré par cette occasion de vraiment changer les choses dans la vie d’un adolescent et de faire sa part de travail communautaire.
Au bout de dix mois de fréquentation, Tobias et son jeune mentoré ont tissé des liens d’amitié. « J’éprouve beaucoup de plaisir à être en sa compagnie, explique Tobias. Nous jouons au basket-ball et nous allons au bowling. C’est un bon copain, et je tente de l’aider à régler certains problèmes. »
JFS* s’occupe de jumeler ses mentors bénévoles avec leurs mentorés en tenant compte de certains critères de compatibilité. En moyenne, ils se rencontrent tous les quinze jours. Une étroite concertation est mise en place entre chaque mentor et un travailleur social de JFS*. Cette condition constitue un facteur important de ce programme de bénévolat. Les adolescents concernés sont souvent des jeunes à risque, aux prises avec de graves problèmes. S’il est difficile, le rôle de mentor est aussi extrêmement gratifiant. Les mentorés sont des adolescents repliés sur eux-mêmes qui ont des problèmes dans leur vie familiale, ont de la difficulté à se faire des amis et, dans la plupart des cas, souffrent de carences affectives et d’instabilité dans leurs relations interpersonnelles. L’ensemble de ces facteurs créent une situation propre à faire intervenir un mentor.
Pour être efficace dans son rôle de confident et de personne ressource, le mentor doit recourir aux conseils d’un professionnel avant d’être en mesure d’en donner lui-même.
« Il sait que je suis en contact avec son travailleur social; je ne trahis donc pas sa confiance, déclare Tobias. En même temps, parce que la différence d’âge entre nous n’est pas trop marquée, il se sent plus à l’aise pour discuter avec moi. »
Le mentor exerce un rôle singulier : tout en faisant figure d’autorité, il ne pose pas de jugement moral. Alors qu’un parent ou un conseiller peuvent parfois faire des reproches à un jeune, le mentor s’en abstient. Le mentorat s’étale sur une période d’au moins un an. La relation mentor-mentoré est régie par des directives qui permettent au mentor de se maintenir à une certaine distance. À ce sujet, Tobias ajoute néanmoins : « Je suis sûr qu’après la fin de mon intervention, nous resterons amis et nous garderons le contact. Mais il ne faut pas perdre de vue que le but du mentorat est d’amener le mentoré au point où, ayant repris confiance en lui-même, il n’aura plus besoin de mentor. »
JFS* cherche à élargir son bassin de mentors. Ceux-ci sont pour la plupart dans la vingtaine, bien que des jeunes plus âgés puissent être admis. Les mentorés ont entre treize et dix-sept ans. Les mentors doivent faire preuve de sincérité dans leur motivation à travailler avec des jeunes, être dignes de confiance et pouvoir communiquer avec les autres.
Si le mentorat vous intéresse, téléphonez au service des bénévoles de JFS/Ometz au
514 342-0000. Pour tout complément d’information, consultez le site Web d'Ometz : www.ometz.ca.
N.B. Dans ce document, l’emploi du masculin inclut le féminin et sert exclusivement aux fins d’une meilleure lisibilité.
* Les Services d’assistance aux immigrants juifs Montréal (JIAS), Emploi Juif Montréal (JEM), et les Services à la famille juive (JFS) ont fusionné en 2008 pour devenir Ometz.