La famille de Michael vivait dans l’aisance, quoique à la limite du revenu familial que ses parents gagnaient. En apparence, elle semblait bien s’en tirer, possédant une voiture et une belle maison dans la banlieue Ouest et s’offrant chaque année un voyage dans le Sud pendant l’hiver. Toutefois, la famille avait accumulé une dette importante et n’avait pas d’argent de côté. C’est ainsi qu’elle a été plongée dans une crise financière et émotionnelle lorsque le père de Michael, soudainement victime d’une crise cardiaque, a été contraint par son médecin de ralentir et de renoncer à son rythme hyper-stressant de 60 heures de travail par semaine.
Prise avec une hypothèque et loin d’être en état de subir le stress supplémentaire qu’entraînerait la vente de la maison, la famille s’est empressée de couper dans les dépenses. Tandis que la santé du père de Michael devenait une préoccupation constante, les finances de la famille étaient épuisées et n’arrivaient plus qu’à couvrir le strict minimum et les frais médicaux. La dette familiale a par conséquent augmenté de façon exponentielle.
Pour Michael, âgé de 12 ans, il n’était pas question d’aller au camp cet été-là. Les enfants sont trop souvent les victimes innocentes du malheur de leurs parents. Il était déprimé. Non seulement n’allait-il pas pouvoir partir avec ses amis, mais il allait aussi devoir composer avec toute la pression qui pesait sur sa famille.
Les mois d’été sont toujours très difficiles pour Jennifer, qui élève seule sa fille âgée de 10 ans, Amanda. Jennifer et Amanda vivent elles aussi dans la banlieue Ouest. Pendant l’année scolaire, Jennifer sait qu’Amanda est entre de bonnes mains pendant qu’elle est au travail. Mais que va-t-elle faire une fois l’été arrivé? Pouvoir envoyer sa fille au camp lui apporterait une certaine tranquillité d’esprit et réduirait la pression qu’elle subit en tant que chef de famille monoparentale. Malheureusement, le coût est trop élevé pour son budget serré.
Ces exemples montrent bien pourquoi certaines familles de la banlieue Ouest demandent l’aide de la communauté pour envoyer leurs enfants dans un camp d’été juif. Depuis sa fondation, le Camp B’nai Brith tient sa promesse de ne refuser aucun campeur sous prétexte qu’il ne dispose pas des fonds nécessaires. Merveilleusement bien situé dans les Laurentides avec vue sur lac, le Camp est une oasis de beauté naturelle offrant de superbes occasions de pratiquer la natation, la voile, le kayak, la planche à voile, l’équitation, la randonnée pédestre, le patin à roues alignées, le camping et autres activités. Le tout se déroule dans un environnement fidèle aux valeurs juives, offrant de la nourriture cachère et observant le chabbat. En effet, les aspects juifs du programme sont subtilement intégrés à l’expérience du Camp B’nai Brith.
Tout en s’efforçant d’accueillir tous les enfants qui souhaitent participer, le Camp B’nai Brith accorde toujours la priorité aux personnes vulnérables qui ont le plus besoin d’un répit et qui ne pourraient s’offrir une expérience de camp d’été sans l’aide de la communauté. Le Camp utilise une échelle de tarification proportionnelle au revenu des familles qui prend en compte la situation particulière de chacune d’elles. En 2004, près de 70 % des campeurs ont reçu une aide financière.
Le Camp B’nai Brith a toujours attiré beaucoup de participants de la banlieue Ouest, qu’ils soient campeurs ou moniteurs. En moyenne, de 30 % à 40 % des enfants proviennent de la banlieue Ouest. Les campeurs ont entre huit et seize ans. Le directeur du Camp est régulièrement présent à la Fédération CJA - Banlieue Ouest pour rencontrer les parents et les campeurs intéressés, ainsi que les candidats moniteurs.
Rien n’illustre mieux combien les enfants s’amusent au Camp B’nai Brith que le retour, tous les étés, d’environ 80 % des jeunes admissibles.
En 2005-2006, la Fédération CJA a alloué plus de 460 000 $ au Camp B’nai Brith. Quelque 40 % des campeurs et des moniteurs du Camp B’nai Brith provenaient de la banlieue Ouest.