Par Derek Cassoff

Je dois admettre que j’ai été surpris quand on m’a demandé de faire le récit de mes expériences « originales » en tant que juif de la banlieue Ouest. Ayant vécu la moitié de ma vie dans la banlieue Ouest, ma situation ne m’a jamais semblé différente de celle des Juifs qui habitent, disons, près du centre commercial Cavendish.

Quand j’ai déménagé à Dollard-des-Ormeaux pour la première fois, j’avais peu de choses à dire sur le sujet. C’était en 1975 et j’avais seulement quatre ans. Mais mes parents, qui avaient grandi « en ville »,  se sont trouvés dans un quartier qui était tout juste en train de poser les bases d’une forte communauté juive. Il y avait une petite synagogue, une école élémentaire juive et un jeune rabbin qui semblait déterminé à faire de ce coin de campagne perdu une oasis de vie juive en banlieue.

Il y a cinq ans, ma femme Erika et moi nous sommes trouvés dans une situation semblable lorsque nous cherchions à acheter notre première maison. Nous avons envisagé plusieurs quartiers juifs, mais nous nous sommes finalement installés à Dollard, impressionnés par le développement de la communauté juive en l’espace des 15 années qui s’étaient écoulées depuis que j’étais parti.

L’école et la synagogue s’étaient agrandies, et les derniers terrains vagues avaient été remplacés par des maisons, dont nombreuses arboraient des mezouzot aux portes d’entrée. Mais le plus important était sans doute l’afflux de jeunes familles juives, qui faisait du lieu un environnement idéal pour fonder et élever notre propre famille.

Dans le même temps, nous étions étonnés de voir que la banlieue Ouest – et même notre propre rue – héberge des personnes de diverses cultures, de sorte que notre fille se ferait inévitablement des amis dont elle ne partage pas la culture, ni la religion ni même la couleur de peau. Cet accès à la diversité est un des précieux avantages de la vie à Montréal au 21e siècle.

Il nous arrive de nous sentir quelque peu isolés de la communauté juive « organisée », à savoir l’édifice de la Fédération CJA, la Bibliothèque publique juive et le « Y » de Snowdon, mais cette distance peut aisément être franchie en un court trajet en voiture. 

Et dans la plupart des cas, nous pouvons trouver tout ce qu’il nous faut pour entretenir notre vie juive dans la banlieue sans avoir à prendre l’autoroute.
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