Photo: Howard Kay
Photo : Centre juif Cummings pour aînés
« De nombreux aînés vivent avec des revenus fixes et n’ont pas une bonne alimentation – ils se contentent d’un bol de soupe ou d’une simple salade pour leurs repas. Au cours de mes visites chez des gens, j’ai déjà vu des femmes âgées déjeuner avec quelques craquelins et un verre de thé », explique Lionel Lapidus, âgé de 78 ans. Après plus de 15 ans de bénévolat comme caissier en chef à la cafétéria Anne et Nathan Steinberg du Centre juif Cummings pour aînés, il a appris à connaître les besoins des aînés en matière d’alimentation.
« Je pense qu’à un moment donné dans leur vie, les aînés sont amenés à faire des économies pour faire face à une éventuelle maladie, ou encore pour payer des médicaments ou leur loyer. Ils réduisent alors leurs dépenses en nourriture. C’est pourquoi de nombreux aînés tombent et se cassent la hanche ou se retrouvent à l’hôpital en raison d’une mauvaise alimentation. Soyons réalistes, la nourriture cachère coûte très cher. En plus du prix des aliments, il faut aussi prendre en compte toutes les dépenses associées à leur préparation. Vient ensuite le nettoyage. Tout cela prend beaucoup de temps et de nombreux aînés ne peuvent tout simplement pas y faire face. »
« Au centre, les repas sont partiellement subventionnés pour ceux qui ne peuvent pas payer le plein prix, et au besoin, certains peuvent obtenir des coupons alimentaires. On ne refuse à personne le droit de se nourrir, déclare fièrement Lionel Lapidus. Des jeunes gens viennent aussi au Centre. Des étudiants mangent ici ou emportent un repas chez eux. La cafétéria est un moyen rapide et pratique de se procurer un bon repas cacher. »
Certains, remarque-t-il, viennent à la cafétéria parce qu’ils habitent dans le quartier et qu’ils aiment prendre leurs repas en compagnie de leurs amis. D’autres viennent pour le service : « Pas de file d’attente, et le personnel sert les repas à table quand c’est nécessaire. »
Ceux qui ne peuvent se rendre régulièrement au Centre Cummings peuvent venir chercher des repas pour toute la semaine. Ceux qui ont peur de sortir dans le froid ou par des journées hivernales verglacées, ou qui ne peuvent tout simplement pas venir au Centre en raison d’une mobilité réduite, peuvent bénéficier des services de la Popote roulante. Ce service bénévole assure la livraison directement au domicile. Le Centre offre également un service de transport en autocar qui dessert les principales épiceries, pour les aînés qui ne peuvent pas conduire ou qui n’aiment pas faire leurs courses seuls.
Lionel Lapidus aime aider les autres. Il raconte : « J’ai une raison de me lever le matin. Mes activités me permettent de rester alerte. Mes enfants sont très heureux. Ils savent où je suis et sont rassurés à l’idée que je ne reste pas seul à me morfondre chez moi ». Au début de cette aventure, il est passé au Centre par hasard, se souvient-il. « Je suis entré dans la cafétéria, et en cinq minutes, j’ai été conquis. J’ai été tellement impressionné par ce qu’on fait ici que j’ai décidé de devenir bénévole. »
« Un souvenir reste gravé dans ma mémoire », se souvient Lionel Lapidus. « Il y a deux ans, j’étais au lit avec une sciatique et je recevais tous les jours un appel des services alimentaires : Est-ce que j’avais besoin de quelque chose? Est-ce que j’avais assez de nourriture? Il suffisait que je demande ce que je voulais pour qu’on me le livre à la maison. J’ai été malade pendant deux mois et je suis convaincu que cet établissement a contribué à ma guérison tout autant que n’importe quel médecin. C’est vraiment un bijou de la communauté. »