Photo : Jonathan Levine (UJC)
Par le docteur Mitch Shiller
Président de l'agence Ometz
Bien difficile de prédire ce que la prochaine année nous réserve en raison de la situation économique qui se dégrade depuis l’été dernier. Alors que les analyses de certains experts financiers sont d’un pessimisme déconcertant, celles de certains autres sont teintées d’optimisme. En fait si je peux me permettre une comparaison, je me demanderais si le patient souffre de pneumonie ou s’il a simplement un mauvais rhume. Dans les deux cas, l’économie est dans un piètre état, et il faut la soigner minutieusement pour qu’elle reprenne des forces le plus rapidement possible.
Le personnel de l’agence Ometz, qui dispense des services dans les secteurs de l’emploi, de l’immigration et des services sociaux, s’attend à ce que les problèmes fusent de toutes parts. Ceux qui perdent leur emploi auront besoin des services d’Ometz pour retrouver du travail ou encore pour se perfectionner et, par le fait même, augmenter leurs chances sur le marché du travail. Nous craignons que le gouvernement se décharge de certaines responsabilités sociales et que des agences comme la nôtre subissent une pression supplémentaire, malgré un nombre limité de ressources.
Nous sommes inquiets du sort qui sera réservé aux travailleurs à faible ou à moyen revenu : ces familles qui jouissent d’un certain confort et dont les enfants fréquentent parfois une école juive pourraient ne pas pouvoir affronter des contraintes financières supplémentaires. Toute modification à leur situation professionnelle pourrait s’avérer une épreuve considérable qui les inciterait à avoir recours à l’aide de la communauté.
Par ailleurs, il y a de bonnes chances que le Québec s’en sorte mieux que les autres provinces en ces temps difficiles. L’économie de Montréal ne repose pas exclusivement sur les ressources naturelles pas plus que sa croissance n’est attribuable à un boom immobilier ou à l’essor de l’industrie automobile. Les conséquences du marasme économique, qui seront sans doute différentes au Québec qu’ailleurs, pourraient entraîner une arrivée massive d’immigrants à la recherche d’une destination stable.
D’un point de vue positif, l’agence Ometz bénéficie d’une souplesse qui lui permet de gérer à merveille la situation que nous affrontons actuellement. L’époque où trois agences de services sociaux rivalisaient pour des ressources limitées est chose du passé. Aujourd’hui, nous formons une seule plaque tournante où tous travaillent de concert afin que les ressources soient affectées là où les besoins se font le plus sentir.
Si, comme c’est souvent le cas, les demandes sont plus nombreuses du côté de l’emploi, nous concentrerons nos efforts dans ce secteur. Si par ailleurs, nous constatons que davantage d’attention devrait être accordée aux membres les plus vulnérables de notre communauté, nous nous adapterons en conséquence.
Regroupés, tous les fournisseurs de services sociaux travaillent à maintenir le filet de sécurité de la communauté juive. Notre mission est – et elle le demeurera – de soutenir les plus vulnérables de notre communauté afin de leur permettre d’améliorer leur qualité de vie, peu importe ce que l’économie nous réserve.
En 2008-2009, la Fédération CJA a accordé un montant total de plus de 5,64 millions de dollars à l’agence Ometz.