Photo : UIA Canada
« L’Éternel D. prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Éden pour qu’il le cultive et le garde. »
Cette citation de la Genèse est bien visible dans le village de jeunes de Nitzana situé dans le désert du Néguev, à la frontière égyptienne. C’est que, dans le village de Nitzana, on ne se contente pas de parler de la protection de l’environnement, on en fait un mode de vie.
Établi il y a 23 ans par l’Agence juive, Nitzana a accueilli des centaines de milliers de jeunes visiteurs. Le village offre une multitude de programmes aux jeunes immigrants du monde entier et aux adolescents israéliens de souche – en somme, il incarne la double vision de David Ben-Gourion, soit rassembler le peuple juif et faire fleurir le désert.
Aussi loin du centre du pays que tout autre endroit en Israël, Nitzana s’est récemment métamorphosé en un village écologique modèle, dont les idéaux se concentrent sur trois domaines clés :
Premièrement, Nitzana fait la promotion d’une énergie propre et renouvelable. Les techniques qui y sont mises au point visent la production d’énergie éolienne et solaire. Par exemple, une maison du village comble déjà tous ses besoins en électricité au moyen de l’énergie solaire et la piscine de Nitzana est, elle aussi, entièrement chauffée par des panneaux solaires.
Deuxièmement, le village emploie des moyens novateurs afin de minimiser sa consommation d’eau. Entre autres, à Nitzana, les jardins sont arrosés avec des eaux d’égout purifiées.
Troisièmement, Nitzana collecte et recycle la très grande majorité de ses déchets – bouteilles, papier, carton, canettes et plastique – réduisant ainsi la quantité d’ordures destinées aux sites d’enfouissement. Le centre de recyclage innovateur du village a été construit à partir de déchets alors que l’huile de cuisson des cuisines est transformée en biocarburant.
« Préserver les ressources naturelles de la Terre est le plus grand défi du troisième millénaire », affirme le directeur de Nitzana, David Palmach.
Déterminé à répandre son message sur la responsabilité écologique, le village de Nitzana est devenu un pionnier dans le domaine de l’éducation environnementale. Tous les ans, il accueille quelque 15 000 jeunes Israéliens qui, au cours d’un séjour de trois ou quatre jours, apprennent comment et pourquoi protéger la planète.
« Ces jeunes sont les politiciens et les législateurs de demain », déclare Karen Kellerman. Cette idéaliste de 45 originaire du Kentucky ans s’est installée à Nitzana, où elle est responsable de l’élaboration des nouveaux projets. « Les jeunes doivent apprendre l’importance de la conservation. Nous voulons les sensibiliser aux répercussions environnementales des produits qu’ils utilisent et des choix qu’ils font. »
En participant à des ateliers interactifs, les élèves acquièrent des connaissances qu’ils peuvent appliquer au quotidien. L’importance du recyclage est au coeur des activités du centre de recyclage qui, d’un côté, permet de voir la transformation des produits recyclés et de l’autre, les effets nocifs de l’accumulation des piles, des métaux et des toxines. Dans le parc solaire à la fine pointe de la technologie, on explique la façon dont on peut produire une énergie alternative à partir du soleil. En outre, dans une salle de cours extérieure, on se consacre à la conservation de l’eau. Les jeunes comprennent alors la quantité d’eau qu’exigent les tâches domestiques. « Les participants constatent ainsi par eux-mêmes qu’il vaut mieux prendre une douche qu’un bain, explique Mme Kellerman. Ils apprennent des trucs utiles qui leur permettront d’économiser l’eau à la maison. »
Le centre de recyclage de Nitzana a été copié et reproduit dans d’autres communautés du Néguev et ailleurs en Israël.
« Il y a plus de deux mille ans, des tribus nomades s’arrêtaient à Nitzana, conclut David Palmach. Il est tout à fait naturel qu’un endroit au passé aussi lointain fasse partie du futur d’Israël. »
La Fédération CJA de Montréal appuie le programme de Nitzana et des douzaines d’autres en Israël par l’entremise de l’Agence juive.