Propos recueillis par Ellen Yarrow
Mes parents sont nés en Ukraine, où ils ont grandi, sans toutefois ne jamais s’y sentir chez eux. Dès leur première rencontre à l’âge de 16 ans, ils rêvaient d’Israël. Ils écoutaient la radio israélienne, le volume très bas, et lisaient des livres sur Israël qu’ils copiaient à la main pour les passer à leurs amis juifs. Il ne faisait pas bon être Juif et sioniste en Ukraine à cette époque.
Heureusement, mes parents faisaient partie des chanceux qui sont parvenus à réaliser leur rêve. J’avais tout juste deux ans lorsqu’ils ont fait leur aliyah. La première année en Israël a été très difficile pour eux. Musiciens connus dans l’ancienne Union soviétique, ils étaient de purs étrangers en Israël. Malgré tout, ils aimaient ce pays, même plus que dans leurs rêves d’autrefois. Ils allaient même jusqu’à raconter à tout le monde que j’étais née au mauvais endroit, que j’étais Israélienne par nature. J’étais la seule oleh dans la classe, et même si tout le monde le savait, ils ne m’ont jamais traitée différemment des autres. Être acceptée représentait tout pour moi.
Après des années passées à courir pieds nus dans l’herbe, le temps est venu de revêtir l’uniforme de l’armée. On ne pouvait trouver de personne plus fière que moi et je ne m’attendais pas du tout à ce que la notion de « chez moi » change au terme de mon service militaire. La première année, j’ai enseigné l’hébreu à des soldats qui venaient d’immigrer en Israël. Ma base se trouvait dans le sud, et il me fallait des heures pour y aller, car j’habitais dans le nord.
Un beau jour, le désert m’est apparu comme tout ce qu’il y avait de plus romantique au monde. À ce moment-là, le sens que je donnais à l’expression « chez moi » s’est transformé une fois de plus. Mon foyer, c’était désormais le sable qui recouvrait mon pays.
Aujourd’hui, je suis une shlih’a, une jeune émissaire de l’État d’Israël en Amérique du Nord. Je suis loin de ma famille, de mes amis et de tout ce que je connaissais avant. Je ne parle pas l’hébreu tous les jours et, pourtant, je me sens chez moi. Israël est partout, dans mes salles de classe, dans ma cuisine, dans mes rêves, dans mes espoirs et dans ma nouvelle communauté.
Les immigrants représentent l’âme d’Israël! Pourtant, l’aliyah, et les défis qu’elle entraîne, notamment les besoins de s’intégrer à une nouvelle société, d’apprendre une nouvelle langue, de s’adapter à une nouvelle culture ou encore, de trouver du travail et une région où s’établir, engendrent des risques de taille. Lorsqu’à ces difficultés s’ajoutent de grandes différences de culture, d’éducation ou de moyens financiers, comme ce fut le cas pour les immigrants venant d’Éthiopie ou d’autres pays en crise, l’immigrant subit parfois de profonds bouleversements.
Les centres d’intégration de l’Agence juive sont répartis dans tout l’État d’Israël, y compris dans la région de Beersheva-B’nai Shimon, partenaire de Montréal. Ils fournissent à des milliers d’olim leur premier logement, pour la difficile période de transition qui suit leur arrivée. Les centres d’intégration représentent beaucoup plus que de simples bâtiments. Ils subviennent aux besoins matériels des nouveaux venus tout en leur donnant les outils dont ils ont besoin pour devenir autonomes et pour s’acclimater, et ce, dans un environnement protégé et à l’abri du stress.
En plus d’offrir toit et soutien, les centres d’intégration proposent des cours d’hébreu oulpan aux immigrants afin que ceux-ci acquièrent un niveau de compétence suffisant pour travailler. Ils les initient également à la culture et aux traditions juives, organisent des célébrations communautaires de fêtes juives ainsi que des excursions vers des sites d’intérêt religieux, historique ou national. Enfin, des services de garderie et de maternelle libèrent les parents qui désirent prendre part à des programmes d’orientation, assister à des ateliers de recherche d’emploi et à des conférences sur les possibilités d’emploi et de formation.
La Fédération CJA, en collaboration avec l’Agence juive et le Keren Hayessod – Appel unifié pour Israël, appuie les activités qui font la promotion de l’aliyah et la facilitent. Une intégration réussie fait en sorte que les olim restent en Israël et contribuent au développement continu de l’État, renforçant ainsi la société dans son ensemble. En soutenant ces programmes, la Fédération CJA procure des outils inédits qui assurent une intégration réussie à long terme.
Depuis sa création en 1948, Israël a vu sa population presque décupler pour atteindre 7,7 millions d’habitants. Pendant cette période, le pays a absorbé plus de 3 millions d’immigrants.