par Martin Schwartz
Président de la Campagne générale de l’Appel juif unifié 2011
Lorsque la direction de la Fédération CJA m’a offert de présider l’Appel juif unifié 2011, je n’ai pas tardé à accepter. C’était un honneur pour moi. Par ailleurs, il fallait que quelqu’un accepte la tâche, et je savais que les candidats n’étaient pas légion. Ce poste devient de plus en plus difficile à combler d’une année à l’autre. Toutefois, et ce, tant et aussi longtemps que des besoins se feront sentir dans la communauté, l’Appel juif unifié aura besoin d’un président.
Nombreux sont les membres de notre communauté qui donnent généreusement pour aider les démunis. Je crois très sincèrement que donner de son temps compte tout autant que de faire une contribution financière. Parfois, un tel geste peut même avoir plus de valeur que remplir un chèque.
Je vois les besoins et les problèmes qui existent au sein de notre communauté et je comprends à quel point ils peuvent nuire à notre avenir. Pourtant, j’ai accepté ce mandat en sachant bien qu’il serait très exigeant.
Je n’aurai donc d’autre choix que d’apprendre à étirer le temps!
Je me suis intéressé à la communauté à la suite de ma première mission en Israël, en 1993. Comme des amis y allaient, je me suis convaincu de les suivre. C’était mon deuxième voyage en Israël. Je me disais que j’allais passer de bonnes « vacances » au cours de cette mission. Ce voyage m’a cependant ouvert les yeux sur la communauté.
Peu de temps après, en famille, nous avons commencé à faire des dons à la Campagne. Depuis, chaque année, nous augmentons notre contribution financière et notre engagement.
Pourquoi donnons-nous à la Fédération et à l’Appel juif unifié? Parce que la Fédération est l’entité de collecte de fonds, qui porte ensuite assistance à la communauté. Par ailleurs, une proportion très importante des dons reçus, près de 91 %, est directement versée sous forme d’aide à la communauté. Cette proportion est l’une des plus élevées qui existe, selon une longue liste d’organismes de bienfaisance importants.
En outre, nous sommes allés constater de visu ce qui se vivait sur le terrain. Nous avons pu voir la réalité telle qu’elle était et entendre des personnes nous faire part de leurs problèmes. Nous avons alors réalisé que le besoin de financement était sans cesse croissant. En somme, voilà quelques-unes des raisons qui poussent ma famille à augmenter la valeur de notre don année après année.
Bien que plusieurs l’ignorent, environ 20 % de la communauté juive vit sous le seuil de pauvreté. Nombreux sont ceux qui ont de la difficulté à le croire!
Mais, au-delà de tout, je trouve inacceptable qu’il y ait toujours des enfants juifs qui partent pour l’école le ventre vide le matin ou des aînés juifs qui vivent dans des appartements infestés d’insectes et de rongeurs. Oui, cela existe vraiment dans notre communauté, et j’en suis bouleversé!
Il m’arrive de parler des aînés qui, touchant des revenus fixes, peinent à joindre les deux bouts. Et encore, plusieurs d’entre eux ne pourraient pas s’en sortir sans un coup de pouce supplémentaire.
Je vous invite à venir au Café, au moins une fois. Vous y verrez ce qu’il s’y passe. Vous vous y rendrez compte des difficultés auxquelles les démunis font face, et comprendrez mieux certains problèmes qui touchent notre communauté.
Les résultats de la Campagne, en termes d’argent, étaient supérieurs il y a quelques années. Le montant net des dons a diminué, alors que les besoins, eux, ont augmenté.
Les courbes du graphique vont toutes deux dans la mauvaise direction.
J’ai une situation très privilégiée, si je la compare à celle de nombreux parents que je connais. Mes enfants vivent à Montréal, alors que certaines familles sont dispersées aux quatre coins de la terre. Puisque mes enfants sont ici, je peux m’attendre à ce que mes petits-enfants y soient eux aussi.
Ainsi, de manière égoïste peut-être, je veux m’assurer que cette communauté devienne celle où mes petits-enfants s’épanouiront et mèneront la meilleure vie juive possible.
Ce que je fais, je le fais pour ma famille, mais je le fais également pour tous les membres de la communauté.
En novembre, lorsque mon mandat se terminera, je veux pouvoir me dire que j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour améliorer la vie de quelqu’un et pour améliorer un tant soit peu le bien-être de notre communauté.