Ça fait aujourd’hui 9 jours que nous avons quitté Montréal. Jusqu’à maintenant aucun jour ne s’est ressemblé. En effet, comme certains d’entre nous l’ont mentionné durant le souper, il est difficile de décider quel jour a été le meilleur, car chaque jour nous apporte une nouvelle vague d’émotions différentes.
Hier, nous avons passé la journée dans la ville de Lalibela. C’est une petite ville à 99% catholique qui est réputé à travers le monde pour ses églises creusées dans la pierre. Après 5 jours à Gondar, la petite ville de Lalibela nous a charmé et nous a donné le repos que nous avions besoin. Un feu de camp nous attendait après le souper avec de la musique typiquement éthiopienne suivi de la cérémonie du café. En effet, lorsque nous étions en train d’aider à construire l’école de la JDC à Gondar, le contracteur du chantier nous a expliqué que la cérémonie du café était quelque chose de sacré pour les Éthiopiens, car c’est l’occasion pour toute la famille de se réunir et de savourer le meilleur café au monde. Ceci m’a fait penser à Chabbat et à la chance que nous avons d’avoir l’occasion de passer 25 heures en famille au lieu de quelques minutes autour d’un café. Ce feu de camp sera à toujours gravé dans ma mémoire. En effet, plus l’ambiance augmentait, plus le feu devenait fort. Les flammes étaient très hautes et la chaleur du feu mélangée à celle de nos corps en mouvement devenait insupportable. Par contre, un sentiment de joie et de liberté nous envahissait et nous pousse a continue à célébrer. Nous étions entourés de montagne, le ciel était tellement clair que nous avons pu repérer deux planètes, nous avons observé les étoiles et nous avons regardé le lever de la lune. C’était une soirée mémorable qui sera très difficile d’oublier.
Aujourd’hui, après une nuit dans de grandes huttes luxueuses, nous avons pris l’avion afin de retourner à Addis Abeba, la capitale de l’Éthiopie. Ce vol nous a annoncé la fin de notre voyage. Demain, à cette heure-ci, nos compagnons de voyage et amis de Beer Sheva-Bnei Shimon seront dans un avion afin de retourner à leur vie respective en Israël.
Nous avons parlé à des récipiendaires de la bourse d’étude offerte par la JDC. Ce qui m’a marqué le plus est comment elles nous ont tous dit que la plus grande difficulté pour elles est le fait qu’elles sont des femmes et qu’encore aujourd’hui elle ne sont pas traitées avec le respect qu’elles méritent. Ce sont des femmes qui ont quitté leur village et qui se sont battues afin d’être où elles sont aujourd’hui. Je pense que nous devons tous prendre exemple d’elles et savoir que si elles ont réussi à traverser les moments extrêmement difficiles pour elles, nous pouvons tous accomplir nos rêves et devenir ce que nous voulons être. Ces femmes m’ont fait penser à la phrase que j’ai lue un jour dans l’un des livres de Shakespeare et qui dit: « Be not afraid of greatness, some are born great, some achieve greatness some have greatness thrust upon them. » Ce voyage a mis beaucoup de chose en perspective pour moi. En effet, je réalise à quel point la vie que nous menons au Canada n’est pas la même que pour le reste du monde.
L’une de nos plus grandes inquiétudes est l’école. Nous passons tellement de temps à nous inquiéter pour l’école que nous oublions tout le reste. Plusieurs de nos compagnons de voyage s’apprêtent à entrer dans l’armée, d’autre font une année de volontariat entre la fin du secondaire et leur entrée dans l’armée et un de nos Israéliens est déjà commandant dans l’armée à 19 ans. Après avoir vu la pauvreté et la misère des Éthiopiens et après avoir discuté avec les Israéliens, je réalise qu’il est important de redonner aux autres autant qu’on reçoit. Chaque action que nous posons dans ce pays ou dans n’importe quels autres pays donne la chance à une personne de vivre un semblant de la vie que nous vivons au Canada.
Je voudrais prendre la chance de dire merci a mes parents qui m’ont donné la possibilité de faire ce voyage, à tous les parents des participants dont la présence est nécessaire à l’incroyable succès de ce voyage, à la Fédération CJA ainsi qu’à la JDC et tous les bénévoles qui font de ce voyage le plus mémorable de notre vie.


